La Mirabelle : retour (partiel) à la Merveille !


(extrait du Journal RVL n° 156, juin 2021)

La Mirabelle, quel joli nom pour une résidence de Grand Lyon Habitat, en plein coeur de l’ancien quartier Saint-Clair, sur la rive droite du Rhône ! 

Peu de Lyonnais connaissent l’histoire de ce quartier, né de la volonté d’un architecte visionnaire, Jacques- Germain Soufflot, et de ses associés, après avoir fait procéder au remblaiement d’une lône. En plein XVIIIe siècle, alors que la ville étouffe dans ses remparts, l’urbanisation ne peut se faire qu’en gagnant des territoires mouvants sur le fleuve, comme le feront également Michel- Antoine Perrache et Jean-Antoine Morand par la suite. 
Voilà comment est né ce quartier, blotti contre les pentes Est de la Croix-Rousse, offrant ses façades au soleil levant, sur la plaine du Dauphiné. La vue, réputée imprenable, est convoitée et donnera même lieu à un procès de la part du Sieur Tolozan, qui en sera en partie privé. La proximité du Rhône, duquel le quartier est protégé par la construction d’un nouveau quai, apporte de l’air frais, de l’espace et une vue dégagée, choses rares à cette époque dans notre ville aux ruelles étroites, bordées de hauts immeubles. C’est dans ce quartier, emblématique de l’urbanisation au XVIIIe siècle, que Grand Lyon Habitat a choisi d’acquérir une partie de l’immeuble attribué à l’architecte Antoine Rater, situé au 11 rue Alsace-Lorraine, à l’angle de la rue Eugénie Brazier (et traboulant avec la rue Royale), afin d’y réaliser treize logements sociaux. L’ensemble est aujourd’hui divisé en plusieurs copropriétés. 
Avant d’entrer, admirons l’élégante façade aux tons clairs, scandée harmonieusement par de grandes baies sobrement décorées. Comme pour la grande façade de l’Hôtel- Dieu, le soubassement a été édifié en pierre de Villebois qui, une fois décapée, a laissé apparaître des marques de tâcherons que l’on retrouve dans l’escalier. Les pilastres monumentaux sont surmontés de chapiteaux corinthiens, mais quelle n’est pas notre surprise lorsque le responsable du projet de rénovation, Olivier Crozes, nous apprend qu’ils sont en bois ! 
L’allée a été restaurée dans des tons doux et chauds mais, lorsque nous atteignons la cage d’escalier, changement de décor ! Tout est sombre et gris, aucune rénovation sur cette partie de l’immeuble que Grand Lyon Habitat n’a pas pu acquérir. La rupture est nette, comme si nous changions subitement d’époque. La loge de concierge, abandonnée, offre une façade en boiserie décorée - malheureusement couverte de tags ! Quant à la cour, désaxée par rapport à l’allée, elle est réduite à sa plus simple expression : un puits de lumière amenant un peu de clarté aux pièces arrière et à l’escalier, tout en assurant leur ventilation. 
Nous empruntons l’escalier suspendu, qui se développe sur quatre niveaux d’élévation, avant de poursuivre notre ascension par un petit escalier de bois pour rejoindre les anciens communs, transformés en spacieux studios et petits appartements donnant sur le Jardin Croix- Paquet, chacun profitant d’une belle luminosité, amplifiée par l’installation de fenêtres de toit. 
À l’étage inférieur, nous découvrons un grand appartement, où le magnifique parquet d’Aremberg attire tout de suite notre attention. On retrouve dans le salon, comme dans les autres pièces de ce T4, toutes ornées d’une cheminée en marbre, la belle hauteur sous plafond, typique de ces immeubles, et tout le charme de l’ancien, auquel est venu s’ajouter le confort dernier cri : Grand Lyon Habitat a installé une chaudière à gaz fournissant l’eau chaude et le chauffage. 
Ces aménagements ont été faits dans le souci de préserver les murs : aucune tranchée destructrice, tout est « réversible ». La rénovation des fenêtres, avec crémone et espagnolette, nous rappelle les fenêtres de notre enfance. Les volets intérieurs ont également été restitués. Implantés dans cet ancien quartier de notables, ces treize appartements proposés par Grand Lyon Habitat visent à garder une mixité sociale comme elle avait été instaurée à la Révolution, lorsque ces immeubles avaient accueilli les habitants des quartiers populaires, dont les maisons avaient été démolies.
 C’est justement cette initiative qui sauva le quartier Saint-Clair de la destruction ! 

Conserver et valoriser le bâti existant

Sur les recommandations des ABF, Grand Lyon Habitat a réveillé la splendeur de « La Mirabelle », un bâtiment de cinq étages (+ les combles), d’une grande qualité architecturale, à forte valeur patrimoniale.
François Thévenieau, son président, précise : « L’acquisition-amélioration est un exercice complexe, du fait de la diversité des immeubles et des populations rencontrées. Grand Lyon Habitat développe ses opérations de façon à conserver et valoriser le bâti existant, parfois à valeur historique, sans perturber ni modifier le tissu urbain. Une intégration du logement social en toute discrétion et de qualité permet la mixité indispensable au mieux-vivre ensemble.»
Le confort moderne a trouvé sa place dans cet ensemble : création d’une chaufferie collective au gaz, mise aux normes de sécurité, installation d’un interphone… Les locaux commerciaux sont destinés à des activités tertiaires.
Les travaux ont été réalisés en site non occupé.
Le prix de revient prévisionnel de cette rénovation se monte à 2 500 K€ TTC dont 31% de fonds propres de Grand Lyon Habitat. Cette opération a bénéficié de participations financières de la part de l’État, de la Métropole de Lyon et de la Ville de Lyon. L’architecte est l’Atelier d’Architecture Marin Fréry, l’architecte économiste est l’Atelier Torrecilla.
Grâce à l’acquisition-amélioration d’immeubles, Grand Lyon Habitat poursuit ses objectifs de développement durable puisque les bâtiments existants sont rénovés pour apporter une réponse ciblée aux besoins des secteurs déficitaires en logement social.

Anne Roméro

Directrice de la communication et de la promotion Grand Lyon Habitat
Le Terra Mundi
2 Place de Francfort- 69003 LYON

De la place au parc 

La place Chazette est devenue un amateurs de bains de soleil, enfants, parc où tout le monde trouve cyclistes, automobilistes se partagent son compte : simples promeneurs, désormais cet espace, remarquablement réaménagé, là où Soufflot avait édifié un premier immeuble, en 1749 : sur la photo, la façade de celuici, facilement reconnaissable par le dessin du haut des baies en léger arc de cercle, se trouve entre deux façades plus claires.
 La percée de la colline de la Croix-Rousse pour un premier tunnel, au milieu du XXe siècle, a interrompu la continuité du quai SaintClair, qui porte aujourd’hui deux noms : au nord, quai d’Herbouville ; au sud, quai André Lassagne.
Dans le nouveau « triangle » Chazette, la nature se marie avec bonheur aux architectures.
Précision nécessaire : cet aménagement ne date pas de la dernière pluie, mais d’un mandat municipal antérieur.