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> Patrimoine > Cathédrale Saint-Jean


Cathédrale : fin provisoire de chantier
(extrait du journal n° 146, juin 2016)

Le samedi 6 février dernier, la cathédrale Saint-Jean était pleine de monde, non pour la célébration d'un office, mais pour celle d'une nouvelle étape franchie dans la réhabilitation de l'ensemble de l'édifice : la fin de la deuxième tranche des travaux entrepris pour la restauration du transept et des deux premières travées des nefs.   
Les représentants de l'état, de la Ville, du Département et du clergé se sont succédés pour vanter les résultats de ce travail remarquable. Auparavant, Didier Repellin, Architecte en Chef des Monuments Historiques, avait, à son habitude, convié tous les « acteurs » à le rejoindre, corps de métier par corps de métier, pour présenter dans leurs moindres détails, les performances rélisées au cours de ce chantier exceptionnel, offrant du même coup à l'ensemble des personnes présentes une visite guidée également exceptionnelle d'un édifice retrouvant peu à peu sa configuration, ses formes et ses couleurs originelles.
Le soleil luimême a eu, ce jour-là, l'infinie délicatesse de se manifester généreusement, comme pour donner plus d'ampleur encore à la métamorphose réalisée, lustrant les pierres marbrières et y faisant jouer les couleurs des vitraux.
À l'issue de cette cérémonie, une autre s'est tenue dans un salon de la Maison diocésaine, mettant à l'honneur Ahmed Benzizine, chef de chantier à l'entreprise de maçonnerie Comte. C'est lui qui a conduit l'ensemble des travaux menés depuis plus de vingt ans sur la cathédrale. Il espère, du reste, conduire encore ceux qui mettront un terme à cette restauration complète. En 2011, Emmanuel Fourchet, sculpteur au sein de la même entreprise, avait déjà honoré son chef en le « statufiant », comme c'est la coutume depuis le Moyen Age, sous la forme d'une gargouille qui, à l'époque, avait donné lieu à une polémique insidieuse et stupide. Aussi, lorsque le Préfet a remis à l'ouvrier les insignes de chevalier de la Légion d'Honneur, il a rappelé, non sans une pointe d'humour, que cette distinction lui semblait bien modeste au regard de l'autre qui, en quelque sorte, incorporait le récipiendaire à un monument défiant les siècles.
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Le choeur de la cathédrale Saint-Jean a recouvré sa lumière
(extrait du BMO n° 6048, 24 mars 2014)

Respectant l’histoire même de la construction de l’édifice, les travaux ont commencé, à l’automne 2012, par le choeur et par les deux chapelles adjacentes, dans le but de nous faire redécouvrir leur aspect originel tout en remédiant à des désordres survenus à la suite de mouvements de terrain...,
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Résurrection du choeur de la cathédrale
(extrait du journal n° 141, novembre 2013)

Malgré son importance, ce chantier ne pouvait pas interrompre les célébrations religieuses. Aussi, le premier travail a-t-il consisté, dès juillet 2012, en l’aménagement d’une estrade provisoire en bois afin de reconstituer le choeur dans le transept.
En septembre était dressé l’échafaudage, du sol jusqu’à la voûte, imposant vaisseau à partir duquel les ouvriers allaient intervenir le plus efficacement et le plus précisément possible sur l’ensemble de la façade intérieure, à traiter pierre par pierre. Un haut écran blanc était tendu pour séparer la zone du chantier de celle où allaient se poursuivre les offices et les visites. .../...

.../... Ce magnifique travail de restauration ne pourra malheureusement pas être offert tout de suite aux fidèles et aux visiteurs.
Les travaux vont se poursuivre par des opérations similaires à mener dans le transept et dans la première travée de la nef. Ce n’est donc pas avant la fin de 2015, sans doute, que cette partie « capitale » de la cathédrale pourra être admirée par tous. En attendant ce moment, où chacun pourra apprécier à sa juste valeur la tâche entreprise, la RVL continuera de rendre compte, par les mots et par les images, des singularités d’un tel chantier.

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Horloge astronomique de Saint-Jean : le temps outragé
(extrait du journal n° 140, juin 2013)

Le 23 mars dernier, un individu s’en est pris violemment à cette horloge unique au monde, sous prétexte que celle-ci gênait le recueillement des fidèles. Nous laissons nos lecteurs juger par eux-mêmes de la gravité d’une telle atteinte à une construction humaine d’une qualité exceptionnelle, classée MH.
Nous appuyant sur l’article d’Hervé Desmarquets publié dans le bel ouvrage récemment édité par La Nuée Bleue (voir le n° 137 de novembre 2011), nous nous contenterons ici de rappeler l’importance d’une oeuvre témoignant de la première invention de l’ère moderne : l’horloge.


Attestée depuis 1382, cette horloge, d’abord dite « aux petites cloches », est la plus ancienne au monde à l’intérieur d’un édifice religieux. Elle a été remaniée et restaurée à plusieurs reprises pour devenir celle que nous connaissons aujourd’hui. L’émerveillement des visiteurs commence avec l’animation que propose trois fois par jour la mise en mouvement musical de 19 automates pour la scène de l’Annonciation. Il se poursuit par la découverte d’un cadran ovale à aiguille télescopique, d’un astrolabe indiquant la position du soleil, les phases de la lune, le mois, le jour et les signes du Zodiaque, et d’un calendrier perpétuel, établi pour calculer les dates des fêtes chrétiennes sur une période de 66 ans (comput ecclésiastique). Tout cela est entrainé par un mécanisme complexe et ingénieux, mu par des poids qu’on remonte tous les cinq jours.
Malgré les vicissitudes humaines, cet instrument de mesure du temps a traversé les siècles, retrouvant son fonctionnement après les pires agressions, grâce à l’intelligence et au dévouement de générations de maîtres horlogers. Il a survécu aux attaques des soldats de la troupe du baron des Adrets, en 1562, comme à celles de révolutionnaires qui, en 1793, s’en prirent aux symboles de la royauté. Certaines restaurations ont donné lieu à des enrichissements. C’est ainsi qu’à la fin du XVIIIe siècle, Pierre Charmy a ajouté un automate aux 18 existants, créant le garde suisse, en habit rouge et hallebarde à la main, qui accomplit sa ronde autour de la coupole, juste au-dessous du campanile, tandis que l’archange Gabriel rend visite à la Vierge Marie, scène annoncée par un coq et rythmée par deux anges faisant jouer l’hymne de Saint-Jean. La dernière restauration complète, réalisée par les Ets Desmarquets, date de 1993.
Espérons qu’une intervention rapide des maîtres horlogers d’aujourd’hui pansera les graves plaies subies par cet outrage et que, très vite, le temps pourra de nouveau être compté paisiblement par cette horloge extraordinaire.

 

La consolidations des voûtes des chapelles à la cathédrale Saint-Jean
(extrait du journal n° 140, juin 2013)

La restauration de l’intérieur de la cathédrale est en cours.
Les travaux se déroulent actuellement dans le chœur.
Lorsque les échafaudages seront retirés, ce sera pour tout le monde une grande surprise de découvrir cette partie de l’édifice redevenue comme à l’origine.
Ce chantier est aussi l’occasion de traiter des problèmes qui, pour être moins spectaculaires, n’en sont pas moins essentiels.
Nous avons demandé à Emmanuel Bury, compagnon tailleur de pierre travaillant pour l’entreprise Comte, de bien vouloir nous expliquer l’action entreprise pour la consolidation des voûtes des chapelles.

Le chevet de la cathédrale présente, dans ses maçonneries, différents désordres structurels dont le plus notoire est une fissure que l’on retrouve, du nord au sud, sur toute la hauteur de l’élévation, semblant fendre le bâtiment en deux. L’origine de cette fissure est à rechercher au niveau du sol sur lequel le chevet a été construit, sol composé de remblais divers venus combler la Saône au Moyen Âge. Au fur et à mesure que la construction de la cathédrale avançait, le poids considérable de cette masse de pierre a entraîné un tassement du terrain, créant la fissure en question. Cette fissure se trouve à peu près à l’aplomb du mur antique qui marquait, au VIe siècle, les berges de la Saône, et dont on voit un vestige dans le jardin archéologique.
Si le garnissage de ce genre de fissures dans les murs ne présente pas de difficultés aux ouvriers d’aujourd’hui, il en va autrement lorsque celles-ci traversent les voûtes. En effet, les pierres des arcs et des voûtains (remplissage des voûtes gothiques), en s’écartant les unes des autres, laissent apparaitre des fissures traversantes qui menacent la stabilité de l’ensemble.
Pour les consolider, nous procédons en deux temps. Tout d’abord, sur la face intérieure de la voûte, nous ouvrons les joints fendus ou altérés, afin de purger les vieux mortiers qui peuvent avoir perdu leur cohésion. Une fois tous ces joints vidés, nous les garnissons soigneusement avec du mortier de chaux. De même, les fentes apparues dans les pierres ellesmêmes sont colmatées avec des mortiers fins.
Ensuite, nous nous plaçons sur le dessus de la voûte, où nous enlevons les restes de mortiers qui sont entre les pierres, en nous aidant au besoin d’un aspirateur. Nous profitons de notre passage dans les combles pour procéder à un grand nettoyage, la poussière étant toujours volumineuse dans ces endroits. Une fois toutes les fissures purgées, nous procédons à leur remplissage avec du coulis de chaux qui, étant liquide, va combler tous les vides, même les plus fins. La voûte étant épaisse d’environ trente centimètres, au plus fin, et jusqu’à plus d’un mètre, on comprend la nécessité d’avoir colmaté le dessous avec soin. Sans quoi, la gravité aidant, le coulis va se répandre dans les niveaux inférieurs.
Lorsque tous les vides entre les pierres sont remplis à nouveau de mortier de chaux, nous complétons la consolidation des voûtes par la réalisation d’une coque en béton de chaux sur le dessus de celle-ci. Cette coque, en reliant l’arrière de tous les blocs de la voûte, va en augmenter la cohésion générale, et donc la renforcer durablement.
Il arrive aussi que les mouvements des maçonneries, en provoquant des glissements, détériorent, voire fassent éclater les pierres elles-mêmes. Il faut alors procéder à leur remplacement total ou partiel. Dans le cas des voûtes, il est préférable de procéder à des greffes partielles, pour ne pas compromettre l’équilibre de l’ensemble. Cependant, il est tout à fait nécessaire d’étayer la voûte et les arcs avant toute intervention. Après cette mise en sécurité, nous pouvons procéder au relevé exact des anciennes pierres (pour créer une copie conforme), au refouillement de la partie à changer et, enfin, à la pose des pierres neuves, toujours au mortier et au coulis de chaux, à l’exclusion d’autres produits, tels le ciment ou la résine chimique, inconnus des bâtisseurs du Moyen Âge, et dont les effets à long terme sur le bâtiment sont mal connus. Après un temps de séchage suffisant, nous pourrons démonter l’étayage : l’ensemble aura retrouvé sa solidité originelle.



Une cathédrale à réapprécier sans cesse...
(extrait du journal n° 139, novembre 2012)

À la fin de l’été 2011, au fur et à mesure que l’échafaudage était retiré, de plus en plus nombreux et de plus en plus souvent, les passants s’arrêtaient sur la place pour découvrir le résultat de la toute dernière opération de restauration de la façade occidentale. L’horloge avait retrouvé ses couleurs d’origine et l’on se demandait si celles-ci n’avaient pas été inventées. Des statues, certes mutilées, réapparaissaient soudain, révélant l’art subtil de la sculpture « lyonnaise » à la toute fin du Moyen Âge : une manière époustouflante de «donner vie» à des vêtements dont les plis semblent tomber avec naturel. Pour ceux qui, par chance, ont pu profiter de ce qui restait de l’échafaudage, la surprise était encore plus flagrante. Les anges et les martyrs qui peuplent les arcs des portails montraient enfin l’extraordinaire modelé de leurs visages, de leurs mains, des objets que ceux-ci tiennent ou qui leur sont attachés (instruments de musique et restes d’encensoirs pour certains anges, roue du supplice pour tel ou tel martyr, etc.). Peu à peu, la haute façade redonnait la mesure de ce qu’elle a su – de ce qu’elle a pu – conserver malgré les vicissitudes de l’Histoire et, particulièrement ici, malgré les blessures infligées en 1562 par la troupe du baron des Adrets occupant, en pleine guerre des religions, le Groupe épiscopal et la ville de Lyon.
Ce chantier marquait la fin de la restauration extérieure de l’édifice. Rappelons que celle-ci avait commencé au tout début des années 1980, justement par la façade occidentale qui, à l’époque, était presque uniformément noire. Les opérations se sont succédées depuis, posant chaque fois la «lourde» question de leur financement par l’État, maître d’ouvrage d’un édifice classé monument historique. «Lourde» question, mais toute relative si l’on compare le coût des travaux avec d’autres réalisations : combien de ronds-points pour telle ou telle partie de la cathédrale ? Soyons «dépensiers» et disons que la restauration globale équivaut à la mise en oeuvre d’une dizaine de ronds-points... Mais ce qui est remarquable ici, c’est la valorisation d’un bâtiment auquel aucun livre spécialisé dans l’art des cathédrales n’avait, jusqu’à l’édition récente de l’ouvrage dédié à celle-ci, souligné l’importance, ni la singularité, pour ne pas dire le caractère unique. N’est-ce pas là un atout considérable ?
Les travaux qui s’annoncent pour la restauration intérieure risquent d’aboutir à un résultat encore plus époustouflant, obligeant à une sérieuse reconsidération du monument tout entier, qu’il faudra bien un jour remettre à sa juste place dans l’extraordinaire histoire de la construction des cathédrales en France et en Europe, entre le XIIe et la fin du XIVe siècle. Eh oui, on comprendra sans doute mieux ce que tout cela veut dire quand on découvrira, d’un regard plus émerveillé encore qu’après la restitution de la façade occidentale, l’ensemble du choeur, dont le décor roman se laisse à peine deviner pour l’instant et qui, une fois restauré, révèlera la sobre splendeur de cette Primatiale.
Ceci ne manquera pas d’inviter à la poursuite de la restauration sur la totalité intérieure de l’édifice. Combien de ronds-points ou de centaines de mètres d’autoroute cela va-t-il encore coûter ? Les paris sont ouverts

. ... la Manécanterie aussi.
(extrait du journal n° 139, novembre 2012)

Bénéficiant d’une « relance » dans le « plan de relance », l’opération menée sur la façade de la cathédrale a pu être étendue à celle de l’ancienne Manécanterie. On peut regretter que l’ensemble de ce plus vieux bâtiment du quartier Saint-Jean n’ait pu être pris en compte, d’autant que des projets existent ; mais ne vaut-il pas mieux attendre une éventuelle « relance » nouvelle pour mener les choses à bien, plutôt que de se contenter d’un toilettage superficiel – moins onéreux, il est vrai ?
Début septembre, la place Saint-Jean, en tout cas, avait presque retrouvé son « paysage » authentique pour accueillir une manifestation dont l’origine remonte au Moyen Âge : la traditionnelle foire des Tupiniers du Vieux-Lyon, réunissant à l’occasion de sa 27e édition de « l’ère moderne » (comme on dit des Jeux olympiques) 140 artistes, pour une « rencontre entre le potier et son public, rencontre entre le public et de beaux objets, rencontre entre créateurs, rencontre entre tous les amoureux de la céramique, on n’ose dire de la terre ! » Une véritable fête, qui a fait vibrer hommes et pierres.


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