Actualités
Des histoires
Cathédrale Saint-Jean
Gare St-Paul
Palais de Justice
Palais de Justice (1/3)
Palais de Justice (2/3)
Palais de Justice (3/3)
1er et 2ème épisodes
3ème et 4ème épisodes
5ème et 6ème épisodes
7ème et 8ème épisodes
9ème et 10ème épisodes
Depuis 2013...
Musées Gadagne
50 ans du secteur sauvegardé

> Patrimoine > Palais de Justice > Palais de Justice (2/3)

La construction du Palais actuel
Après la Révolution, la nouvelle organisation des institutions judiciaires ainsi que la vétusté des bâtiments rendent nécessaire une réorganisation des lieux. À partir de 1804, diverses solutions sont envisagées et, en 1827, un concours d’architecture est lancé : il sera remporté, en 1828, par Louis-Pierre Baltard. Durant les quatre années suivantes, l’architecte proposera des projets à réaliser sur des emplacements différents, dont un, situé sur une île artificielle de la Saône, en amont et en aval du pont du Change. Le lieu définitif est enfin fixé : c’est le lieu actuel, comprenant non seulement les anciennes implantations, mais également tous les terrains séparant celles-ci de la rue de la Bombarde et de la rue Saint-Jean. Une fois le projet arrêté, la première pierre est posée, le 28 juillet 1835. Le Palais ne sera achevé qu’en 1847, Baltard étant décédé en janvier 1846.
La réalisation du Palais de Justice de Lyon, qui fut son œuvre principale, a été voulue par l’architecte comme le manifeste de cet « art total » qu’il prônait, bâtiment, décor et mobilier déclinant les mêmes thèmes, structurant ensemble les espaces et constituant une mise en scène indissociable des lieux et de leurs fonctions.

Le bâtiment d’origine
Il est constitué de deux entités bien distinctes : à l’est, le Palais de Justice proprement dit occupe les deux tiers de l’édifice et comporte quatre cours intérieures ; à l’ouest, la prison occupe le tiers restant et comporte deux cours.
Ces deux parties, imbriquées au niveau de la Salle d’Assises (qui va, au premier étage et dans l’axe de l’édifice, de la salle des pas perdus à la rue Saint Jean), sont séparées par un chemin de ronde nord-sud. Ce chemin de ronde se poursuit sur tous les côtés de la prison, à l’exception du corps central d’entrée, rue Saint-Jean. De magnifiques grilles de fer forgé, plantées sur un mur maçonné entre des piliers de pierre, séparent le bâtiment des rues avoisinantes.
La façade principale donne sur le quai. Inspirée des temples grecs, elle est constituée d’un imposant péristyle à 24 colonnes corinthiennes reposant sur un grand soubassement de pierre à l’appareillage cyclopéen et se voit surmontée d’un entablement et d’un haut bandeau d’attique, le tout dans des mesures exceptionnelles :-- 85 m de longueur et 24 m de hauteur.
Un escalier majestueux permet d’accéder au premier étage, qui est le niveau principal du Palais. De part et d’autre se trouvent des guérites en pierre, formant piédestaux pour deux grandes sculptures (deux lions debout face à face posant la patte sur une sphère), œuvres qui n’ont jamais été réalisées, faute de moyens.
La façade arrière donne sur la rue Saint-Jean. Bien que plus austère, elle est composée comme celle d’un palais italien de la Renaissance. En son centre, on trouve un porche majestueux surmonté de trois coupoles de pierre d’appareil. Au fond de ce porche est placé le grand châssis métallique refermant l’ancienne chapelle de la prison. Les façades latérales font bien apparaître la rupture d’architecture entre Palais et prison.
Le bâtiment comporte 5 niveaux sur sous-sol. Les étages de l’ancienne prison et ceux de l’ancien Palais n’étant pas au même niveau, des escaliers situés dans deux éléments de jonction, au nord et au sud, permettent de les relier.
Le Palais proprement dit comporte trois niveaux principaux :

  • le rez-de-chaussée, réservé à des locaux annexes (du fait des inondations alors fréquentes),
  • le premier étage, occupé par les salles d’audience et les bureaux des magistrats,
  • le second étage, réservé aux seuls bureaux des magistrats.

La prison était initialement constituée de deux entités symétriques, au nord et au sud, disposant chacune d’une cour intérieure, l’une réservée aux hommes, l’autre aux femmes, avec une chapelle au centre.


Louis-Pierre Baltard (1764-1846)

Louis-Pierre Baltard (à ne pas confondre avec son fils Victor, architecte des anciennes halles métalliques de Paris) est un artiste néo-classique de la première moitié du XIXe siècle. Après des études à l’École des Beaux-Arts, il séjourne à Rome de 1786 à 1789. À son retour, il s’arrête à Lyon, où il travaille comme peintre pendant trois ans. De retour à Paris, il devient, en 1800, architecte au service de l’Etat. Il sera Inspecteur Général des Travaux de Paris, en 1837, et enseignant à l’École des Beaux Arts. À la fois peintre, graveur et architecte, Baltard s’attachera tout naturellement à promouvoir la cohérence entre architecture, décoration et mobilier. Lyonnais d’adoption, il s’installe dans notre ville entre 1789 et 1791, puis de 1842 jusqu’à sa mort, en 1846. En 1830, il est nommé membre de la Société Académique d’Architecture de Lyon, qu’il présidera en 1841 et 1842. Il étudiera de très nombreux projets pour notre ville (opéra, prison de la Quarantaine, aménagement sud de la Presqu’île, reconstruction du pont du Change bordé d’un théâtre et d’un palais de la Bourse).
Il réalisera la prison Saint Joseph (dont le devenir, comme celui de sa voisine la prison Saint-Paul, constitue un enjeu majeur de l’aménagement du sud de la Presqu’île : transformation, réhabilitation ou démolition ?) et le Grenier à Sel du quai Tilsitt (démoli depuis lors).



Modifications ultérieures
Peu de temps après la construction du Palais, la réalisation de la prison Saint-Joseph, puis celle de la prison Saint-Paul, permirent de ne conserver ici qu’un « petit dépôt », situé au rez-de-chaussée sud-ouest, la Cour d’Appel et le TGI annexant les étages supérieurs et le rez-de-chaussée nord-ouest de l’ancienne prison.
Les inondations de la Saône devenant moins fréquentes, des salles d’audience supplémentaires furent aménagées au niveau du rez-de-chaussée sous les salles de prestige, puis dans l’ancienne chapelle, rapidement désaffectée. Les espaces libres situés sous les voûtes centrales furent peu à peu cloisonnés pour créer des locaux de stockage, des ateliers et une grande chaufferie.
Au cours des années 1960 enfin, des surfaces de bureaux supplémentaires étant nécessaires, Pierre Bourdeix, architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux, réalise une extension, en surélévation de deux niveaux, à l’arrière de l’attique et de la colonnade, ouverte sur la colline de Fourvière mais sans impact au sol et invisible du quai.
En revanche, deux malencontreuses constructions, à deux niveaux, seront également réalisées dans la cour nord-ouest de l’ancienne prison, détruisant le chemin de ronde et obscurcissant une façade de l’ancienne chapelle. Enfin, les combles de l’aile nord du Palais furent aménagés de manière précaire, la hauteur libre, sous les fermes, étant insuffisante.

> Patrimoine > Palais de Justice > Palais de Justice (2/3)


Contacts | Mentions Légales & Credits | English version